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Politique et Gouvernement

Le Canada supprime des milliards de droits de douane sur les importations américaines après un appel Trump-Carney.

Ottawa réduit les tarifs de représailles sur les biens de consommation, laissant les principaux conflits sur les métaux et les automobiles en place avant l'examen de l'ACEUM de 2026.

Par Shannon Carroll·4 min de lecture·Mis à jour 22 août 2025
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Le Canada supprime des milliards de droits de douane sur les importations américaines après un appel Trump-Carney.

Chip Somodevilla/Getty Images

Le Canada vient de baisser sa garde — mais seulement là où ça ne fait pas mal. Vendredi, une source familière avec l'affaire a dit à Reuters que Ottawa prévoit de supprimer la plupart des tarifs de représailles de 25 % qu'il avait imposés sur les importations américaines, un geste apparent de bonne volonté envers le président Donald Trump. Le jus d'orange, les vêtements, les appareils ménagers et même les motos sortiront de la liste noire à partir du 1er septembre. Les poids lourds — acier, aluminium et automobiles — restent intacts. En d'autres termes, le Canada offre un rameau d'olivier qui a encore quelques épines.

Le Premier ministre Mark Carney a présenté ce mouvement comme une simple question d'« alignement » avec les exemptions américaines stipulées dans l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). Et bien que ce langage donne l'impression de faire le ménage, le calcul politique est plus profond. Ce recul suit un appel téléphonique plus tôt cette semaine entre Carney et Trump qui a été décrit comme « productif ». En pratique, le Canada teste une petite concession en échange d'une scène commerciale plus calme — et peut-être une Maison-Blanche plus coopérative — alors que l'horloge tourne en vue de la renégociation du pacte commercial continental en 2026.

Les deux dirigeants doivent tenir des conférences de presse, provoquant des spéculations selon lesquelles les deux pays pourraient annoncer une pause ou un accord commercial.

Les tarifs supprimés ont toujours été plus symboliques que stratégiques. Taxer le jus d'orange pourrait piquer les producteurs de Floride, mais cela n'a jamais menacé la capacité industrielle américaine. En revanche, les droits que le Canada maintient en place — Carney a souligné que les prélèvements « Section 232 » encore actifs des États-Unis restent un point de friction dans le commerce transfrontalier et c'est l'une des raisons — vont au cœur du jeu économique de Trump et au cœur symbolique de sa plateforme protectionniste. Les tarifs sur l'acier et l'aluminium restent les plus chargés politiquement, et les garder permet à Ottawa de conserver ses cartes de négociation les plus utiles. La même logique s'applique aux automobiles, où les chaînes d'approvisionnement sont étroitement enroulées dans le corridor Detroit-Ontario. Ce sont les secteurs où la douleur est réelle - et où Ottawa ne bouge pas.

Cette nuance, cependant, ne facilite pas la politique intérieure. Carney gouverne avec une minorité précaire et ses critiques l'accusent déjà de céder à Trump pour rien en retour. L'opposition conservatrice a peint ce recul comme une faiblesse, tandis que les groupes d'affaires ont applaudi le soulagement sur les biens de consommation. Pour les ménages ressentant encore la pression des taux d'intérêt plus élevés, la suppression des tarifs sur les produits de tous les jours peut être perçue comme une victoire modeste. Mais les critiques soutiennent que si Carney devait céder, il aurait dû tenir bon pour une concession concrète de Trump — quelque chose au-delà d'un appel téléphonique poli et d'un titre éphémère.

Pour Trump, le geste offre une validation. Il a passé des mois à dépeindre le Canada comme un partenaire réticent dans la politique industrielle américaine. Un recul sur les tarifs lui permet de revendiquer la victoire sans avoir à faire de concessions immédiates de son côté. Pourtant, les tarifs métalliques et automobiles encore en place signifient que le différend entre les deux voisins n'est pas résolu, seulement adouci.

Les enjeux sont élevés pour les deux économies. Les tarifs de représailles du Canada, introduits plus tôt cette année, ont donné à Ottawa un certain levier dans les discussions avec Washington, mais ont également risqué des prix plus élevés pour les consommateurs et ont enchevêtré les chaînes d'approvisionnement dans des industries étroitement liées à travers la frontière. L'inflation s'est modérée par rapport à ses sommets mais reste au-dessus de la zone de confort de la Banque du Canada, laissant les ménages sensibles aux variations de coûts. Le dollar canadien, quant à lui, a augmenté à la nouvelle du recul des tarifs — un signe que les marchés voient un soulagement, même limité. Pour le gouvernement Carney, le calcul est clair : Réduire les tarifs politiquement bruyants pour atténuer la pression à la maison tout en testant si Trump est prêt à réciproquer avant la révision de l'AEUMC.

Pourtant, malgré l'annonce, les différends structurels n'ont pas bougé d'un pouce. Trump peut revendiquer la victoire — il a forcé le Canada à cligner des yeux — tout en maniant toujours les mêmes leviers de pression qu'il a eus tout au long. Et Carney, malgré tous ses discours sur le pragmatisme, doit maintenant défendre pourquoi son gouvernement a choisi de réduire des tarifs qui étaient plus une nuisance qu'une nécessité — et pourquoi il a laissé les vraies batailles intactes. Pour l'instant, les deux gouvernements peuvent présenter ce moment comme un progrès. La réalité est plus familière : il y a encore plus à venir.

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